Le vieux soldat

 

Je m’en souviens encore, c’était un matin
Au petit jour, que j’ai croisé son chemin
Quelque part, je crois, du côté d’Amiens

Il était le fils du vent et de la terre
On y lisait dans son regard si clair
La passion, l’aventure, le mystère

Avec son sac, tel une maison sur le dos
sur les genoux, un cahier avec ses mots
Il n’avait rien d’un quelconque poivrot

Dans ce grand parc assis sur un banc
Avec sur la tête, un vieux képi blanc
Faisait de lui, la risée des passants

Sans doute, ignoraient-ils que pour eux
Il avait été un de ces soldats valeureux
Qui, à vingt ans, étaient montés au feu

Il me raconta sa guerre
L’enfer des rizières
L’Afrique et ses déserts

Il me conta d’une voix émue
Pourquoi il avait combattu
Pour tant de causes perdues

Il m’offrit son cahier et ses mots
Un dernier regard, je tournai le dos
Et le quittai ainsi, le cœur gros

On le retrouva dans le canal
Je l’appris d’une façon banale
Quelques lignes dans un journal

Il était si las
Le vieux soldat

(Legio Patria Nostra )

 

Copyright © 2001 [carnet à spirales] Dany – Tous droits réservés

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Commentaires

toute une vie au service de son pays,qui l’a laissé choir!

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