L’écolier

 
La salle a une odeur de craie
Le vieux tableau noir l’effraie
Au mur, les grandes cartes l’observent
Assis au dernier rang, l’enfant rêve
Un doux parfum de liberté l’habite
Dans le vieux poêle, le bois crépite
Comme une musique monotone
La voix du maître bourdonne
L’élève n’écoute pas, il est ailleurs
La vieille pendule égraine les heures
Le temps lui aussi semble s’ennuyer
Sur la table, reposent ses cahiers
Parmi eux, un petit carnet à spirales
Dessus, entre les ratures, s’étalent
Ses angoisses, ses rêves, ses folies
Bien sûr, il le sait, c’est un incompris
Sa page d’écriture est tachée d’encre
On va de nouveau le traiter de cancre
Et soudain cet appel tant redouté
Au tableau ! Cela le fait paniquer
Les moqueries, les railleries fusent
Dans sa tête, les idées sont confuses
Il bafouille, il rougit, il zozote
Au fond des yeux des larmes de honte
Alors, il aimerait bien crier sa rage
S’exprimer avec les mots de son âge
Mais de sa bouche aucun son ne sort
Il voudrait être loin de ce décor
Le maître le renvoie à sa place
Là-bas, au fond de la classe
Une grande tristesse l’envahit
Ici commence l’école de la vie

Copyright © 2001 [carnet à spirales] Dany – Tous droits réservés

ecole

 

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Commentaires

Je me reconnais tout à fait dans cette école d’avant

L’image est très engagée. Ce dessin de Hansi montre l’instituteur prussien, imposé aux Alsaciens. Au mur la carte de la Prusse, le portrait de l’empereur et roi. Je n’ai pu lire la phrase écrite au tableau, mais, en dessous, 2 x 2 = 5. On dessine sur le dos du bon élève, du lèche-bottes, un casque à pointe…etc. Ce n’est pas l’ambiance du poème…

L’école de la vie qui dure toute une vie .. Apprendre , écouter , s’accepter .. Et le plus difficile s’aimer .. J’aime beaucoup ..

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